LES CONSEQUENCES INSOUPCONNEES

Dans quelles circonstances peut-on parler de traumatisme?

Un traumatisme désigne une expérience de violence hors norme au cours de laquelle l'intégrité physique et psychique d'un individu ou d'un groupe a été menacée.

Lorsque que traumatisme désigne l'effet sur l'individu d'un événement, on parle d'événement traumatogène ou potentiellement traumatique. La notion de traumatisme psychique ne se réduit pas à cette conception factuelle. Par ailleurs, un même "événement" vécu par plusieurs personnes, pourra avoir des effets traumatiques très différents d'une personne à l'autre.

Pour avoir un effet potentiellement traumatique, l'événement doit représenter une menace pour l'intégrité de la personne, dépassant ses possibilités de réaction, survenant de manière soudaine et non anticipée, et s'accompagnant d'un sentiment de terreur, de détresse, d'effroi, de solitude, d'abandon.
La gamme des événements traumatogènes est donc large :

* Violence physique
* Violence sexuelle
* Catastrophe naturelle
* Guerre
* Découverte inopinée de cadavre
* Exposition à des scènes de violence...
* Et plus généralement dans un sens étendu, dans tous les cas où une personne ne peut plus s'empêcher de penser à une situation qui l'a débordée émotionnellement.

Selon L. Terr, il y a deux catégories de traumatismes:

Le traumatisme de type 1 se rapporte à un évènement unique, isolé, limité dans le temps (accident, catastrophe naturelle, agression physique, viol, deuil traumatique, etc.).

Le traumatisme de type 2 correspond à une situation qui se répète: l'individu se trouve réexposé à un danger identique ou comparable (violences familiales, guerres, traumatismes secondaires des professionnels de l'aide, etc.).

Conséquences des traumatismes psychiques

Lorsqu'il y a eu traumatisme psychique, des troubles peuvent apparaître de manière transitoire ou durable.
Manifestations immédiates
Pendant l'évènement traumatique, le corps réagit: c'est la réaction très courte d'immobilité ou « freezing » du système parasympathique, puis celle de fuite/combat du système sympathique (accélération du cœur, de la respiration).

Une fois l'évènement terminé, survient la phase de réaction du stress aigu (agitation, angoisse, souvenirs intrusifs, absence d'émotions,...). Ce sont des réactions normales et naturelles après une expérience traumatique.


Manifestations post-immédiates

L'évènement traumatique peut être vécu comme:

* une vague de stress aigu.
* un choc ou chaos émotionnel.
* un sentiment d'impuissance.
* une grande confusion, une perte de repères.
* un deuil impossible.
* une crise de sens dans la vie.

Manifestations différées

Après une période, il peut arriver que les réactions prennent la forme de symptômes tels que l'hyperexcitation somatique (agitation, angoisse), les souvenirs récurrents intrusifs, la dissociation (détachement) et l'évitement (anxiété situationnelle ou sociale). Ceci correspond à l'état de stress post-traumatique (ESPT). Finalement, cet état peut devenir chronique et être associé à d'autres problèmes (alcoolisme, dépression, anxiété, troubles du sommeil,....).


Séquelles
Interventions thérapeutiques

Parfois il faut intervenir rapidement pour éviter le développement d'une névrose traumatique (ou PTSD pour les DSM) marquée par une chronicisation des symptômes liés au choc psychique.

C'est à partir d'un débriefing que le sujet peut se repositionner clairement dans une situation où il a été objectalisé. L'on pourra toutefois envisager un traitement plus approfondi, visant à déterminer si le sujet se trouve dans une situation traumatisante de type exceptionnelle ou s'il connaît un état de décompensation. Le débriefing est une technique d'entretien thérapeutique qui se fait après un certain laps de temps après l'évènement violent : 24 à 72 heures ou plus pour les traumas de type 1 (évènement unique) parfois plusieurs années après pour les traumas de type 2 (évènements multiples et répétés de type maltraitance).

Le débriefing psychologique se pratique sur des personnes volontaires, en groupe ou individuellement, après tout évènement traumatisant. Toutefois, les études (Méta-étude de Nathalie Prieto 2004) sur le débriefing (psychologie) incitent à la prudence quant à ce type d'approche si elle est mal indiquée ou maladroitement menée, ce qui paraît être souvent le cas.

Il existe différentes techniques thérapeutiques pour gérer le stress traumatique : le débriefing (parfois accompagné de techniques de contrôle de la respiration pour moduler le système sympathique/parasympathique.
Efficacité des psychothérapies

L'efficacité des psychothérapies dans le traitement de l'état de stress post-traumatique a été évaluée en 2004, par une étude de la littérature réalisée par l'INSERM avec une méthodologie inspirée de la médecine fondée sur les faits. Selon cette évaluation, les thérapies cognitivo-comportementales (dont l'EMDR) et les thérapies psychodynamiques brèves (d'inspiration psychanalytique) font la preuve de leur efficacité, avec une efficacité supérieure pour les TCC[Thérapie Cognitive et Comportementale ).

Pour mémoire on peut également rappeler l'utilité de l'hypnose, hélas souvent difficile à mettre en œuvre

 

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